XIII Mystery 10 : entretien avec Corentin Rouge (extrait)

Partager cet article

calvin-wax-itw

Le 28 octobre en librairie retrouvez le tome 10 de la série XIII Mystery consacré cette fois à Calvin Wax et scénarisé par Fred Duval, avec Corentin Rouge au dessin. Ce dernier nous a accordé un entretien exclusif pour Dargaud Le Mag (chez votre libraire le 4 novembre). Voici un extrait de l’interview :
corentin-rouge
Quelles ont été vos lectures BD enfant ? Quelles sont vos influences ?
Corentin Rouge : Ma bédéthèque, c’était celle de mon père. Ma culture BD est très classique, franco-belge. À la maison, j’ai pu lire tous les ouvrages de Jijé, Giraud, Hermann, mais également quelques auteurs américains comme Alex Raymond, Milton Caniff ou Buscema. Ce sont mes principales influences graphiques. Côté narration, j’ai été assez marqué entre 15 et 25 ans par le cinéma américain : les films d’Iñárritu, de Ridley Scott, de Michael Mann, de Sidney Lumet ou Jean-Pierre Melville, qui est un peu l’ancêtre de tous ceux-là. J’aime bien aussi le cinéaste brésilien Meirelles qui a réalisé La Cité de Dieu. Bien sûr, le cinéma d’animation japonais pour adultes avec Otomo et Miyazaki fait également partie de mes grandes références narratives. Mon travail est un peu un mélange de tout ça. Mais clairement, au niveau du graphisme, entre 6/7 ans et 18 ans, j’étais plutôt à l’école Moebius, Boucq, Hermann, Rossi, ce sont eux — avec mon père — qui m’ont formé au dessin.

Comment êtes-vous arrivé dans l’aventure XIII Mystery ?
Au départ, c’est Yves Schlirf, l’éditeur, qui m’a appelé pour me proposer de faire un album. Quelques mois avant, alors que je rendais visite à François Boucq à Lille pour lui montrer mes pages, avoir son avis, comme je le fais parfois, je l’ai vu terminer son album de XIII Mystery (NDLR : Colonel Amos – sorti en 2011). Il a parlé de moi à Yves, même si la liste des auteurs sur le projet était déjà bien remplie. En parallèle, Yves Schlirf avait repéré mon dessin pour Milan K. aux Humano, il a montré un de ces albums-là à William Vance qui a validé  le graphisme. Yves m’a donc rappelé et proposé le projet. Il m’a tout de suite donné le contact de Fred Duval, avec lequel on a discuté après l’envoi du scénario. Il était assez content de travailler avec moi, il venait de finir de lire Juarez. Moi, personnellement, j’étais enthousiasmé par le scénario, qui me permettait d’être assez proche de la nature, en forêt, dans un univers graphique assez sauvage, qui contraste un peu avec l’image de la série qu’on peut avoir : des scènes de bureau, d’intérieur, de ville.

(…)

L’album est assez dur. Le personnage de Calvin Wax fait partie des plus antipathiques de la série…
… J’ai vraiment aimé faire un méchant. On dit souvent — notamment les acteurs — que le méchant est plus attirant et moins lisse que le gentil. Pour ce personnage froid et calculateur qu’est Calvin Wax, il m’a fallu trouver des sentiments. Comme l’album est construit sur de nombreux flashback le lecteur arrive à comprendre sa trajectoire, ses motivations : la structure du scénario y est pour beaucoup. De mon côté, mon dessin n’est pas sombre, mon trait plutôt rond, les couleurs sont assez vives. Je pense qu’on n’a pas trop ce ressenti de dureté à la lecture. En même temps, le tome sur
Felicity Brown était lui aussi assez dur.

Comment s’est passée votre collaboration avec le scénariste Fred Duval ?
Quand j’ai commencé le projet, tout le scénario avait déjà été écrit, validé en amont avec Jean Van Hamme. J’ai pris peut-être un peu de liberté sur des ajustements de dialogues mais au niveau de l’histoire, tout était béton dès le départ. Par contre, il n’y avait pas d’indication de mise en scène particulière, là-dessus c’était assez agréable. On a travaillé avec Fred Duval mais il m’a laissé seul maître de la mise en scène, du découpage, j’avais toute latitude au niveau graphique. De sa part, comme de celle d’Yves Schlirf, je n’avais aucune contrainte graphique pour le personnage de Calvin Wax, donc je me suis senti assez à l’aise tout de suite. On pourrait s’imaginer que sur XIII Mystery, les dessinateurs ont une commande graphique particulière pour le rendu de certains éléments, mais dès le début et ce jusqu’à la fin de l’album, ils m’ont fait confiance et je n’ai pas eu de demande de modifications. Pour notre collaboration avec Fred Duval, nous nous sommes rencontrés au tout début, ensuite nous avons pas mal échangé par mail ou par téléphone. Tout compris, l’album m’a pris un an, puisque j’ai travaillé – bien après la fin de l’encrage – sur la couleur. Alexandre Boucq (le neveu de François Boucq, qui a travaillé sur les couleurs du Bouncer, de Little Tulip et du prochain Janitor) a colorisé tout l’album, je suis arrivé en complément pour peaufiner des petits détails ou des ambiances que j’avais imaginées au dessin.

Retrouvez l’intégrale de l’interview de Corentin Rouge le 4 novembre en librairie dans Dargaud Le Mag
DLM17-couv

Et bien sûr, le tome 10 de XIII Mystery, le 28 octobre en librairie !
calvin-wax-10

Partager cet article

Commenter cet article